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Dans les murs

Mon Interprétation – Slam

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Je sais bien que c’est pas de ta faute si je me suis mis à déconner, je l’ai vécue cette expérience et tu as choisis de me cadenasser. C’est. Tu as vu, je viens de poser « c’est » sur mon papier quand je pouvais dire « ça a été », pourtant, « c’est », elles sont en moi toutes ces années (bis).

Salut toi, allez, je sais bien que tu t’es reconnu, que c’est à toi que je m’adresse, toi qui a fais de moi un ange déchu, qui m’a collé ces étiquettes qui ne se décollent pas même si je frotte chaque jour, même si je gratte encore, encore, encore, encore un peu, toujours plus fort.

Ah ouaih, c’est du passé et il faut que j’oublie ? Putain… Tu sais de quoi j’ai envie là ? Monter le tempo, vriller cette chienne de musique. Je vais te raconter l’asile, je vais te raconter l’enfer, j’ai besoin que tu sache à quoi ça ressemble un naufragé sur terre, comme un réfugié politique, comme la débâcle du Titanic… qu’est-ce que tu me dis, ça fait beaucoup de « hic », ouaih et il en manque un qui est de taille. Je vais te raconter les murs, la contention, l’infirmière ironique, je t’amène dans mon voyage… Notre destination ? Hummm.

Et merde mais c’est quoi tous ces flics ? Elle est pour moi cette ambulance ? Et on va où ? Je crois que je sais, je ne veux pas y aller, il ne faut pas que je panique, il faut que je me laisse faire. Pourquoi on m’attache ? Je ne suis pas dangereux, je n’ai tué personne, je n’ai frappé personne, je n’ai insulté personne, pourquoi on m’attache ? Il faut que je me laisse faire. Il y a l’infirmier juste au dessus de moi, je vois son regard et je ne le lâche pas son regard, il est rempli de compassion son regard, il l’a connaît lui, la prison.

Ça y est , on y est, le moteur s’arrête, la porte s’ouvre, ils se jettent sur moi, m’immobilisent, un genou bien dur sur ma poitrine, je ne dis rien, je ne bouge pas, j’ai mal, il faut que je me laisse faire… Pourquoi si vite ? Pourquoi on me traîne ? je sais marcher, c’est quoi cette pièce ? J’ai froid, j’ai peur, il n’y a pas un meuble, ah si ! Un lit et ses entraves, il n’y a rien d’autre, ah si ! Une grosse seringue. Tu vois, il manquait un « Hic » et qui était de taille, c’était celui là : Injections chimiques.

La suite, tu la connais un peu, juste des petits morceaux, incarcéré par 17 fois en dix années pour faire de moi des petits morceaux. Je recolle, je répare, je soigne, je les panse toutes mes blessures, je cherche, je trouve, je me perd, je m’enfonce et je me défonce à coups de cach’tons… chimiques.

Il faut que je laisse faire le temps au temps. La psychiatrie psychiatrisante, c’est un infirmier qui m’a dit ça, cette institution , elle est démente, il n’y a pas d’humains dans ces murs là (bis).

La psychiatrie psychiatrisante, l’hôpital inhospitalier, une institution vraiment démente et par l’humiliation, parvenir à l’humilité.

C’est comme un défi pour moi, c’est un putain d’apprenti-sage pour moi, comme un travail au long cours, toujours en quête de plus d’amour. La patience est la mère des vertus, il y a bien des fois, j’en ai plein le cul, je suis fatigué… pas suicidaire, ça non, jamais, mais c’est souvent, quand je vais me coucher que je me dis que je suis prêt, je suis prêt pour l’autre côté.

Un grand sage nous dit qu’il nous faut consacrer notre vie pour nous sentir prêts au grand passage et pour conclure cette poésie, ce petit slam balancé là, un dernier mot juste pour toi qui t’es reconnu, c’est juste un mot et c’est un grand mot : Merci.

Hermanito

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