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Je l’ai vu

Je l’ai vu – Hermanito – Musique/Khatia Buniatishvili – Réflexion

En un futur pas forcément lointain, lorsque l’homme racontera la terre, les mots qu’il emploiera seront misère, famine, guerre, injustice, frontière, intolérance, pédophilie, cobaye, exploitation, répression, assassinat, destruction, pouvoir, ignorance et bien d’autres encore…

Le monde d’aujourd’hui révèle cela, telle est la réalité perçue par la plus grande majorité des êtres humains. Victor Hugo disait ceci : « – c’est une triste chose de penser que la nature parle et que le genre humain n’écoute pas »… et pourtant… Dans son absolue surdité, l’humain avance, toujours, sur une terre glissante, se déracinant peu à peu de ses principes, de ses valeurs qui lui valaient antan ce si noble nom : Homme : Appartenant à la même racine qu’humus…

L’homme serait donc sorti de la Terre pour la piétiner fièrement, d’un pas cadencé, souvent l’arme à la hanche ou à l’épaule… Pan ! Pan ! J’en ai eu un s’écriait-il, un bosch de moins sur deux projectile..

Il avance la tête haute, l’homme qui bafoue, qui humilie, qui asservit tantôt un peuple, tantôt sa femme, assouvissant pour un temps seulement sa seule colère née des frustrations qui sont les siennes.

Qu’est-ce tout cela ? Où est le sens ? Y’a t-il un sens ?

Seigneur, si tu existes, dis-moi pourquoi ? Pourquoi Seigneur tant de violence, tant de méprise et d’arrogance, pourquoi dis-moi, dis-moi pourquoi je crois encore en ce paradis, dis-moi encore Seigneur, qu’il est ici… Qu’il me suffit de le rêver, de le danser, l’écrire, de le chanter, dis-moi encore, une fois encore, juste encore une fois qu’elle est promise cette terre-là… Soudain se tut le vacarme jusqu’alors incessant dans le cerveau de l’homme enfant… L’oreille tendue, le corps jouant d’une immobilité parfaite, les sens tous éveillés, l’homme humus se surprit à voir tout alentour chaque objet de toute nature étinceler…

  • « Maintenant tu vois, maintenant tu sais, maintenant tu comprends ».

L’instant furtif de cette rencontre ne quitta jamais l’être et malgré cela jamais il n’en parla ni à sa femme, ni à ses amis, ni à son frère, pas même à son psy…

Vint le jour où l’homme mourut et avant que ne se ferment ses yeux remplis de larmes d’amertume, il prit entre ses mains le frêle visage de son enfant pour l’approcher du sien et ainsi lui susurrer :

  • « Dieu est en Tout et en l’Instant, sa lumière brille et je l’ai vue, prends soin de toi, de notre maman, maman la Terre te nourrira, prends soin de toi mon bel enfant et n’oublies pas, n’oublies surtout pas… que je l’ai vu.

Hermanito (2015)

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